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fORMATION

Permettre à chacun de prendre en compte les manifestations de l'Inconscient partout où cela est utile ou opportun : tel est de façon très générale l'objectif de L'Autre Scène. C'est dire qu'elle a vocation a intervenir dans tous les domaines où se posent des problèmes relationnels, et plus particulièrement là où il est question de soins, d'éducation ou d'assistance.

Prendre en compte les manifestations de l'Inconscient, cela ne veut pas dire se comporter en psychanalyste. il faut se garder par exemple de l'interprétation "sauvage" que pratiquent si volontiers les novices et qui est la plupart du temps inopportune ou même franchement dangereuse.

Prendre en compte les manifestations de l'Inconscient, cela peut vouloir dire au contraire, dans certaines circonstances en particulier avec des malades somatiques ou des handicapes physiques, voire avec certains psychotiques), permettre au sujet d'aménager ses défenses pour les rendre moins encombrantes, plus acceptables par lui-même et son entourage.

Prendre en compte les manifestations de l'Inconscient - cela veut dire de toute façon parvenir à moins se laisser piéger par ses propres réactions inconscientes et par les pressions et manipulations venant des autres - individus, groupes ou institutions. Cela veut dire aussi savoir se situer en toute circonstance à la place qui convient - savoir aménager cette place et s'y maintenir.

Il n'existe actuellement en France aucune formation qui permette d'atteindre ces objectifs partout où cela est nécessaire. Même une psychanalyse personnelle ne permet guère à elle seule, l'expérience le démontre chaque jour, de savoir se situer dans un travail institutionnel - que l'on soit infirmier, médecin, psychomotricien ou n'importe quoi d'autre. Dans tous les secteurs professionnels de la santé ou du travail social, les besoins sont immenses et ne reçoivent au mieux que des réponses partielles, Insuffisantes ou inadaptées.

L'Autre Scène propose donc de mettre a la disposition de tous des lieux, des occasions et des filières de formation diversifies répondant à ces besoins et aux objectifs que nous avons définis. L'Autre Scène n'intervient d'ailleurs qu'en ce domaine . on ne trouvera parmi nos propositions aucune action de formation qui ne réponde a ces besoins et à ces objectifs.

La référence axiale de notre travail est la théorie freudo-lacanienne. Qu'il s'agisse de travail de groupe, d'implication corporelle ou de toute autre approche que nous sommes amenés à utiliser (psychodrame, gestalt, image vidéo, etc.) - aucune technique, aucune situation n'est intégrée si elle ne répond aux exigences de l'éthique analytique : garantie du cadre contractuel - abstention de toute suggestion, de toute manipulation, de tout forcing - respect du cheminement propre du client et de ses choix. Ne jamais influencer le sujet, ne jamais lui proposer des modèles, ne jamais désirer a sa place (serait-ce la guérison): telles sont les conditions élémentaires pour laisser au sujet tout son champ.

Bien qu'une grande partie de notre travail s'effectue en groupe c'est en effet toujours, en fin de compte, le sujet singulier qui en est la raison d'être et qui reste au centre de nos préoccupations.

De A jusqu'à Z, toutes nos actions de formation reposent sur le principe majeur de la formation analytique . Il faut passer soi-même car la place de client avant d'occuper celle de thérapeute. Expérience personnelle qui ne porte évidemment tous ses fruits que si elle s'accompagne d'une réflexion permanente. La théorie n'est de ce fait plus un placage livresque mais le nécessaire éclairage d'une expérience vivante.

 

La filière didactique

Depuis la création de l'association, nos groupes thérapeutiques sont également orientés vers la formation de thérapeutes : thérapies et formation sont comme nous l'avons dit étroitement intriquées.

Pour qui parcourt tous les degrés de la filière, il ne saurait y avoir de formation plus complète et plus approfondie à nos méthodes de travail. Peu de formations, pensons-nous, donnent par ailleurs une telle ouverture aux manifestations de l'Inconscient.

Le seul point noir de ce type de formation, c'est qu'il est condamné à demeurer relativement, élitiste. Nous ne pouvons intégrer dans un groupe de thérapie plus de deux ou trois clients en didactique, et même si nous parvenons à multiplier nos séminaires, nous aurons du mal à former plus de cinq ou six personnes chaque année. Ceci nous oblige à limiter l'accès de cette filière à ceux qui veulent véritablement exercer (que ce soit dans un cadre libéral ou institutionnel) la fonction de psychothérapeute.

Le premier degré est le même pour tout le monde : l'étudiant doit faire pendant un temps suffisant (deux ans minimum) l'expérience de la thérapie en tant que client - et prendre en charge personnellement les frais de cette thérapie (nous ne voyons par contre aucun inconvénient à ce qu'elle se fasse sur des congés de formation et nous délivrons un certificat a cet égard).

Au bout d'un temps suffisant, variable évidemment suivant les individus, l'étudiant devient stagiaire: il participe aux week-ends en tant que thérapeute auxiliaire. Chaque week-end est suivi d'une soirée d'analyse et de discussion a partir de notes prises pendant le travail. Ce second degré s'étend sur douze week-ends consécutifs, il dure donc un peu plus d'un an (il y a dix week-ends par an, de Septembre à Juin). Cette formule nous semble à l'usage très satisfaisante. Au-delà d'une véritable sensibilisation (déjà très poussée) aux manifestations de l'Inconscient, elle permet aux stagiaires d'acquérir un certain savoir-faire directement utilisable dans une pratique institutionnelle ou libérale (un certificat est délivré en fin de stage).

Ce second degré est gratuit, car nous estimons que les stagiaires payent Leur formation par le travail effectif qu'ils assument en tant que thérapeutes auxiliaires.

Le troisième degré, plus technique, s'effectue Sous forme de séminaires de plusieurs jours. Chaque séminaire est centré sur une méthode de travail particulière, il associe pratique et réflexion. Le nombre de séminaires exigible de chaque candidat est variable suivant ses lacunes ou points faibles - suivant aussi la formation et l'expérience qu'il a pu acquérir par ailleurs.

Ce troisième degré assure donc un nécessaire complément de formation à ceux qui désirent véritablement utiliser nos méthodes et travailler dans notre perspective. La commission d'enseignement délivre bien entendu un certificat lorsqu'elle estime que l'étudiant a acquis une maîtrise suffisante dans cette forme de travail. Tous les séminaires du troisième degré sont payants et peuvent être pris en ,charge par la formation continue.

Le quatrième degré, enfin, conduit au titre de "thérapeute de l'association". Il est réservé aux candidats pouvant faire état d'une psychanalyse (freudienne) personnelle. On demande au candidat de se former (hors de l'association) à une méthode ou une discipline pouvant intéresser la recherche dans notre association (psychodrame analytique, formation d'acteur, "haptothérapie", certaines formes de relaxation, de gestalt-thérapy, de travail sur la voix, etc. - suivant une liste limitative établie chaque année par la commission d'enseignement).

Le candidat doit en outre effectuer un contrôle de cas avec un thérapeute de l'association - et enfin rédiger et présenter un mémoire original. (A noter que ce quatrième degré ne succède pas forcément au troisième ; pour gagner du temps, il peut fort bien être abordé au cours de celui-ci, voire dès le degré 2.


Groupes d'étude et de supervision

Outre des supervisions individuelles, nous pouvons assurer deux types de supervisions en groupe. Nous appelons ces groupes: "groupes d'étude et de supervision" parce que, tels que nous les pratiquons, leur bénéfice didactique est toujours notable - et c'est dans une véritable recherche sur leur travail que se trouvent engagés les participants. De tels groupes fonctionnent donc a la fois comme lieu de supervision, lieu de formation et lieu de recherche.

Nos groupes d'étude et de supervision s'adressent aussi bien à des praticiens isolés qu'à des soignants travaillant en institution. Nous tenons à préciser que cette forme de travail s'adresse à toutes les catégories de "soignants" (non seulement psychiatres et psychologues, mais infirmiers, kinés, psychomotriciens, etc.), ainsi éventuellement qu'aux éducateurs et assistants sociaux.

L'expérience nous a en effet amplement prouvé que dans toutes ces catégories professionnelles, des gens pouvaient se trouver entraînés, qu'ils l'aient voulu ou non, dans des espèces de psychothérapies "sauvages", où se manifestent d'imparables phénomènes de transfert, et dont ils n'ont le plus souvent aucune maîtrise. Bien plus, il arrive que, travaillant en institution, ceux qui sont médecins ou psychologues se trouvent de droit sacrés "psychothérapeutes" (même s'ils n'ont aucune formation à cet égard en particulier de formation analytique...) Pour les autres, c'est volontiers l'inverse. ils ne sont pas là "pour faire des psychothérapies" (mais, par exemple, de la "rééducation") et se trouvent confrontés à des situations difficiles, parfois inquiétantes, dont ils ne peuvent même pas parler... Nous avons ainsi eu connaissance de quelques situations véritablement scandaleuses dont les malades faisaient évidemment les frais. Le travail de supervision que nous effectuons depuis cinq ans nous a permis de mettre de l'ordre dans ces problèmes et d'en élaborer les solutions.

Ce qui justifie notre entreprise, c'est en somme cette évidence qui parait si banale à énoncer, mais dont si peu tiennent vraiment compte dans leur pratique: que partout où l'on travaille "en relation", on se trouve aux prises avec l'Inconscient. Ceci ne veut pas dire "qu'on fasse une psychothérapie" (celle-ci ne pouvant se définir avec rigueur que par le dispositif formel qu'elle instaure) - mais que cette relation gagne à être éclairée en la traitant, dans un premier temps, comme une relation psychothérapique : c'est même cet éclairage qui amène par la suite à la démarquer d'une psychothérapie stricto sensu, permettant ainsi à chacun de se situer dans le travail thérapeutique d'ensemble.

Notre principe directeur est toujours le même: à partir de la pratique, éclairer celle-ci par la théorie analytique en prenant garde de ne pas mettre la charrue avant les bœufs : théoriser avant que la nécessité ne s'en fasse sentir, c'est risquer de promouvoir une pratique mécanique, scolaire, artificielle - aux antipodes de l'ouverture et de la disponibilité exigibles en la matière. Nous veillons donc dans notre enseignement à ce que la théorie, la conceptualisation se présentent comme un appoint, une aide, un secours en un domaine où l'on est trop souvent livré à ses doutes, à ses aveuglements, a ses inquiétudes. Il est nécessaire pour cela que chacun puisse arriver à parler sans retenue - de ses angoisses, de ses erreurs, de ses transgressions, de ses passages à l'acte, de ses affects - assuré qu'il est que dans un groupe où tout le monde a plus ou moins erré un jour ou l'autre, la critique ne tournera jamais à la condamnation ou à l'opprobre. Ainsi peuvent être remises sur leurs rails (analytiques) des relations souvent embourbées dans l'improvisation et le désarroi. L'éclairage théorique que reçoivent ici les expériences rapportées n'a pas que des vertus didactiques : il a aussi des effets de castration symbolique qui apportent à l'intéressé rigueur et sécurité.

Cette liberté de parole que nous présentons presque comme un préalable, s'obtient habituellement sans difficultés dans un groupe hétérogène, lorsque les participants viennent d'horizons et d'institutions différentes. L'un de nous (Roger Gentis) anime un tel groupe à Paris depuis plusieurs années et il peut en ouvrir rapidement un autre dans la région Provence-Languedoc.

Le problème est par contre plus difficile lorsqu'il s'agit de superviser le travail d'une même équipe. L'accès à une véritable liberté d'expression peut ici se heurter a toutes sortes de réserves et de contraintes qu'il importe, sinon de balayer, du moins de repérer et d'expliciter pour éviter les distorsions induites par les "non-dits". Il faut donc s'attendre dans un tel groupe à ce qu'au début de son fonctionnement, une part importante soit faite à l'analyse des problèmes institutionnels - ce qui veut dire que l'équipe concernée doit être prête a ce genre de questionnement. Celui-ci, en l'occurrence, est d'ailleurs pour nous partie intégrante du travail de supervision, puisque le champ institutionnel ne cesse d'interférer, dans un tel type de pratique, avec les psychothérapies même "individuelles" entreprises dans ce contexte. Il faut dire que, lorsqu'une équipe fait une demande de supervision, c'est qu'elle reconnaît déjà être soumise au travail de l'Inconscient: elle a dès lors une idée du genre de lièvres que risque de soulever le travail de supervision...

Dans les deux cas (supervision d'une équipe ou supervision en groupe hétérogène), nous travaillons par séances de deux a trois heures, une ou deux fois par mois de Septembre à Juin. Nous demandons qu'un secrétariat tournant assure le compte-rendu des séances, de façon à garder trace écrite du travail. Ce compte-rendu n'est remis qu'aux membres du groupe et ne doit en aucun cas être diffusé au-dehors. Par contre, un bilan rédigé en fin d'année peut être remis aux autorités qui le demanderaient (chefs de service, responsables de formation, etc.).

 

Modules de formation

Nous étudions actuellement toute une gamme de modules de formation destinée à divers publics : éducateurs, assistants sociaux, personnel soignant des hôpitaux généraux, médecins somaticiens, etc.

Dans l'immédiat, nos propositions s'adressent essentiellement au personnel établissements psychiatriques, qu'ils soient publics ou privés. Nous avons en effet remarqué que, dans ces établissements, ce qui manque le plus n'est pas l'invention ni l'esprit d'initiative: on voit fleurir un peu partout des activités extrêmement diverses qui, bien utilisées, pourraient avoir une réelle valeur thérapeutique. Mais le plus souvent, elles sont animées par des personnes dont la bonne volonté ou l'enthousiasme ne pallient pas le manque de formation (à la psychothérapie). Très souvent aussi, ces activités se pratiquent de façon aléatoire, sans véritable cohésion, faute d'avoir précisé leurs potentialités thérapeutiques et de pouvoir ainsi les articuler dans un dispositif thérapeutique cohérent.

C'est pour cela que nous avons mis au point, ces dernières années, des méthodes et des formules de formation qui intéressent spécifiquement les travailleurs psychiatriques engagés dans un travail thérapeutique. Les actions de formation que nous souhaitons proposer devraient couvrir toute la gamme des besoins en la matière - depuis une simple sensibilisation aux effets de l'Inconscient jusqu'à l'acquisition d'une véritable compétence en matière de psychothérapie des psychotiques.

Bien entendu, pour autant que des savoir-faire techniques sont utilisés dans ce travail, ceux-ci feraient aussi l'objet d'une formation particulière (packs, massages, relaxation, travail sur la voix, etc.)

Dans l'immédiat, nous proposons deux séminaires de degré élémentaire dont on trouvera les fiches ci-après. D'autres formules de degré plus élevé pourraient par la suite permettre de se perfectionner à ceux qui en éprouveraient le besoin.

De toute façon, nous souhaiterions pouvoir nous concerter avec des responsables de formation de divers établissements, de façon à mieux connaître les besoins locaux et à mieux adapter nos propositions.

L'essentiel de nos activités, comme nous l'avons signalé, se déroule désormais sur deux pôles . Région parisienne et Provence-Languedoc - mais en ce qui concerne les modules de formation, nous pouvons bien sûr nous déplacer hors de ces régions.

A ce sujet, il importe de préciser quelques points :

  1. Nous pouvons envisager un travail avec des personnes d'une même équipe :

  • dans le cas d'une supervision du travail psychothérapique effectué par cette équipe

  • ou d'un groupe d'étude portant sur ce travail (voir « groupes d'étude et de supervision »).

  1. Nous pouvons effectuer des actions de formation dans un établissement déterminé (voir modules de formation 1 et 2). il est alors nécessaire que les participants viennent autant que possible d'équipes de travail différentes (pas plus de deux personnes d'une même équipe). Éventuellement, un établissement peut d'ailleurs admettre à nos séminaires des stagiaires d'établissements voisins.

  2. Nous envisageons d'organiser des séminaires résidentiels pour certaines formations qui exigent que les participants n'aient entre eux aucune relation habituelle (ceci devient impératif dès que le travail de formation amène les stagiaires à s'interroger sur leur problématique personnelle, et sur ce qu'ils en investissent dans leur travail et leurs relations professionnelles).

Il faut donc considérer les propositions que nous faisons ici comme une base de travail qui peut être très largement étendue si la demande s'en manifeste.

Tout le courrier concernant les problèmes de formation doit être adressé au secrétariat de la commission d'enseignement :


 

 

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