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Jeux de corps et de langage
 

 

 On apprendra dans ce séminaire

 

à créer, à gérer et à exploiter des situations en petit groupe qui, sous couvert de jeu, visent à établir des modes de communication insolites et précaires. De ce qui se passe dans cette aire de jeu, il y aura toujours quelque chose à dire - quelque chose qui, lorsqu'il s'agit par exemple de psychotiques, ne sera à priori ni de l'ordre "de la réalité", ni de l'ordre du délire. Ainsi, en marge des contraintes habituelles, soignants et soignés peuvent-ils communiquer autrement. Entre jouer et dire peut se déployer un espace intersubjectif potentiel où vienne se manifester, se montrer ce qui n'a pu trouver place et reconnaissance dans les normes (langagières et relationnelles) de la vie sociale courante.

Suivant l'expression de Wittgenstein, là où «l'outil des mots est cassé» (là où des signifiants sont forclos, diraient les lacaniens) - là se manifestent, sous forme de symptômes plus ou moins graves, des problématiques très archaïques dont l'insistance, à l'âge adulte, indique qu'elles n'ont pu trouver de traduction satisfaisante au niveau symbolique: on a affaire ici (qu'il s'agisse de psychotiques ou d'autres pathologies «lourdes» dont la psychiatrie publique a tout particulièrement à s'occuper) à une défaillance, à une panne du processus de subjectivation qu'il s'agit de reprendre sur d'autres bases, à un niveau que l'on peut sommairement désigner comme présymbolique et pré subjectif - un niveau donc où le contact et la communication passent par l'agir avant de pouvoir se hausser jusqu'au dire.

 

   Ce champ de travail

 

   
a certes été depuis longtemps défriché, de façon intuitive et empirique, sous le terme impropre d'expression corporelle: terme doublement impropre parce qu'il ne s'agit pas d'«exprimer» quelque chose qui serait déjà là, mais de donner forme à ce qui jusque-là n'a pu être représenté et communiqué - et parce qu'il met en exergue un «corps» abstrait et inconsistant, hors de toute référence au contexte (ludique et relationnel) qui lui assigne le cadre, les limites contenantes où ce qui se manifeste pourra prendre valeur de pré-texte (c'est-à-dire d'un brouillon, d'une ébauche d'un texte, d'une histoire où s'esquisserait la place du sujet) - on pourrait dire aussi qu'ici peut se construire un fantasme.

A ces pratiques empiriques, il fallait donner un éclairage théorique qui permette de savoir ce qu'on fait: loin de brider l'inventivité de l'animateur, l'assise théorique le sécurise, et il peut sur cette base se laisser aller plus aisément à l'improvisation. La pratique aidant, il n'aura plus à proposer au petit bonheur des recettes préfabriquées, ce qui est souvent le cas dans ce genre de pratiques, mais il se sentira plus libre, plus disponible - plus réceptif aussi aux suggestions implicites des soignés, qui savent souvent mieux que quiconque par quelles voies détournées peut passer pour eux la communication.

Toutes les notions théoriques nécessaires sont évidemment enseignées au cours du stage.

 

 On aura compris

 

que ce que nous proposons se déroule schématiquement entre deux pôles: susciter des agir ludiques et en dire quelque chose.

 

 


 

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